Le cash une espèce en voie d extinction

J’ai lu un article dans l’Express n°3450 du mois d’août 2017 qui s’intitulait : « Le cash, une espèce en voie d’extinction ». Ce que vous allez lire ci-dessous s’en inspire et reprend certaines informations y figurant. J’y ai apporté ma touche personnelle et quelques idées d’investissement.

Le cash est mort ! Longue vie à la monnaie virtuelle.

Le chèque, la carte bancaire, le smartphone ou la monnaie électronique, tout est fait pour que nous n’ayons plus à transporter notre brouette de billet avec nous. Certains pays sont beaucoup plus en avance que nous.

En Corée du Sud, la Banque centrale du pays a annoncé qu’elle travaillait à une disparition totale des pièces et des billets à l’horizon des cinq prochaines années. Les Suédois se sont également lancés contre les espèces grâce à cette application : Swich. Application pour smartphone qui permet de transférer de l’argent en temps réel et sans commission. Les Suédois peuvent désormais utiliser cette application pour transférer de l’argent entre particuliers mais aussi chez leurs commerçants, les grandes surfaces, les sites internet, mais également à l’église ou même pour faire la manche !

En Chine, c’est la messagerie WeChat qui est en train de bouleverser la façon de payer. Les 850 millions d’utilisateurs de cette application peuvent payer les commerçants ou leurs factures tout en chattant et en envoyant des vidéos. Il parait même que dans les Mc Do de Pékin, il y a en moyenne 4 caisses réservées aux clients qui règlent par WeChat, contre une qui utilise la carte bancaire et que les personnes qui n’ont que du cash sur eux, ne peuvent même pas manger !

En Inde, c’est l’application Paytm, dont un des actionnaires n’est autre que Alibaba (BABA), qui est utilisée par 300 millions de clients. Au Kenya, c’est M-Pesa qu’utilise 70{f4552fb4856f046c48bb996b8c5a76f1b7926f30f262d362951b8d3e70ae3ffe} de la population adulte du pays.

En Europe aussi, le paiement hors cash progresse, mais les Français et les Allemands sont toujours très attachés à leurs espèces. 50{f4552fb4856f046c48bb996b8c5a76f1b7926f30f262d362951b8d3e70ae3ffe} des transactions sont toujours effectuées en cash en France et même 75{f4552fb4856f046c48bb996b8c5a76f1b7926f30f262d362951b8d3e70ae3ffe} outre Rhin. Mais ne vous faites pas d’illusions, le changement arrive par la jeune génération. Certaines applications de paiement par smartphone enregistrent des progressions de plus de 70{f4552fb4856f046c48bb996b8c5a76f1b7926f30f262d362951b8d3e70ae3ffe} par an !

Dans l’optique de voir moins d’argent liquide circuler, la Banque centrale européenne (BCE) a décidé de supprimer les billets de 500€ à la fin de 2018 et le gouvernement français a réduit le montant maximal de paiement en liquide à 1000€.

Le cash est mort ! A qui profite le crime ?

On lit parfois dans la presse paranoïaque et « Cassandresque » (j’invente même des mots 😉 ), que les Etats veulent faire disparaitre le cash pour pouvoir contrôler les mouvements de capitaux en cas de crise financière et faillites de banques, ou pire encore…

Dites-vous bien que les Etats ne sont pas les investigateurs du paiement hors cash et qu’ils sont totalement incapables de prévoir quoi que se soit car ils ont à leur tête des incompétents qui ne voient pas plus loin que leur prochaine réélection. Ils n’ont pas vu la crise de 2008 ou la crise grecque arriver et ils ne verront pas les autres non plus.

En revanche, le fait que des entreprises du privé et des start-up proposent et développent des moyens de paiement hors cash les arrange énormément. Il est vrai que la fabrication et la sécurisation des quelques 5 milliards de billets et 19 milliards de pièces en circulation coûte cher à l’Etat (~0,5{f4552fb4856f046c48bb996b8c5a76f1b7926f30f262d362951b8d3e70ae3ffe} du PIB). Mais la seule et unique raison pour laquelle les Etats cherchent à réduire le paiement en cash, voire le faire disparaitre in-fine, est de pouvoir faire rentrer les recettes des taxes dans les caisses vides.

Vous l’avez certainement vu mardi dernier dans l’excellente émission de Cash Investigation, les grosses fortunes et les grandes compagnies cherchent par tous les moyens à ne pas payer d’impôts. C’est un manque à gagner considérable pour l’Etat !

Mais combien de commerçants, d’artisans, de particuliers, de travailleurs au noir, de trafiquants, etc… passent également à travers les mailles de la TVA, de la CSG, des cotisations sociales et de l’impôts sur les revenus ? L’argument avancé habituellement par « ces tricheurs » du fisc est de dire que cela représente des petites sommes par rapport aux personnes qui ont été citées dans les « Paradise Papers ». C’est vrai, mais ils sont des millions de fois plus nombreux que leurs homologues fortunés ! Le manque à gagner pour l’Etat et la collectivité est certainement tout aussi important.

C’est pourquoi l’Etat ne fera qu’encourager les transactions hors cash qui laissent des traces. 😉

Comment profiter de la disparition du cash ?

Le but de cet article n’est pas de « philosopher » sur l’avenir du cash. De toute façon que vous le vouliez ou non, dites-vous bien que si un jour l’Etat décide de supprimer le cash, il ne vous demandera pas votre avis. 😉

En tant qu’investisseur, il me semble plus intéressant de trouver comment profiter de cette révolution qui est en marche ?

En premier lieu, il me vient tout de suite à l’esprit que des sociétés comme American Express (AXP), Mastercard (MA) et Visa (V) ont encore de beaux jours devant elles avec leurs cartes bancaires et le paiement sans contact.

Mais des solutions alternatives de règlement comme Paypal (PYPL) ont également bien profité de cette révolution du paiement numérique et ce n’est probablement pas terminé.

On peut aussi regarder du côté des sociétés qui investissent dans des applications de paiement mobile. Je pense à Alibaba (BABA) par exemple qui, comme je vous l’ai dit plus haut, a maintenant accès au marché indien via Paytm. Si BABA, qui n’est autre que le Amazon (AMZN) chinois, rencontre le même succès que son homologue américain, son cours de bourse a encore toutes les chances de progresser.

Et enfin, vous allez bientôt pouvoir trader le Bitcoin sur les marchés régulés. En effet, le CME va lancer officiellement un contrat Future et ses options sur le Bitcoin d’ici peu. Tout ce que je sais pour l’instant, c’est que le premier contrat sera celui du mois de décembre 2017. Il sera possible de trader pendant les horaires d’ouverture du Globex. La valeur du tick sera de $25 et vous serez limité à 1000 contrats maximum.

« For disclosure » comme disent les américains, au moment où j’écris ces lignes, je ne suis pour l’instant investi dans aucune des actifs nommés ci-dessus.